Un premier pas sur les prix mais rien sur les normes ni la compétitivité

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Suite à l'action syndicale menée la semaine dernière, Raymond Le Deun, préfet de l'Aisne, a reçu une délégation USAA-JA lundi 27 juillet pour échanger sur la situation économique des exploitations et analyser les avancées obtenues depuis le mois de juin.

Conduite par Jean-Yves Bricout, président de l'USAA et Charles Hubert, président de JA02, la délégation était également composée de Mathieu Canon, responsable de la section viande bovine de l'USAA, Didier Halleux, président du SDPL, Guy Leblond et Laurent Cardon, secrétaires généraux de l'USAA.

En préambule, Jean-Yves Bricout a souligné la détresse dans laquelle se trouvait un certain nombre d'éleveurs. Une détresse qui trouve son origine dans un prix du lait largement insuffisant non seulement pour permettre aux éleveurs de faire face aux remboursements d'emprunts et aux charges d'exploitation mais aussi pour reconstituer une trésorerie fortement dégradée depuis 2008. A cela s'ajoute le cortège des normes à respecter et la pression des contrôles qui va de pair. Une situation que dénonce Jean-Yves Bricout : "quel décalage peut-on constater entre la réalité d'agriculteurs acculés et des contrôles tatillons où on les considère comme des délinquants en puissance !». Le préfet a indiqué qu'il était prêt à travailler avec la profession sur ce sujet des contrôles.

Un premier pas qui nécessite une surveillance

Didier Halleux est revenu sur les engagements pris la semaine précédente par la grande distribution concernant le prix du lait. Des engagements considérés comme un premier pas. Néanmoins, Didier Halleux en relativise la portée : "malgré ce que l'on peut entendre ou lire, rien ne permet d'affirmer que les engagements permettront d'atteindre un prix de 340 euros / 1000 litres". En effet, l'accord ne porte que sur une partie des produits et sur les 1er prix et marques de distributeurs. La vigilance reste de mise pour vérifier que les prix seront bien revalorisés car ces dernières années, les marges des producteurs ont été comprimées, entre un prix en baisse et une augmentation des charges. Des propos repris par Charles Hubert qui a souligné qu'au niveau de prix actuel, c'est l'installation et la transmission des exploitations qui sont en péril.

Mathieu Canon a livré son analyse sur le secteur viande bovine en rappelant que l'accord du 17 juin servait de point d'appui à la mise sous surveillance des acteurs de la filière. Mais "seulement la moitié du chemin est faite". De surcroît, il a alerté sur le fait que le rapport du médiateur passait sous silence les acteurs qui ne jouaient pas le jeu. «Il faudra bien les dénoncer publiquement à un moment donné».

Le préfet a rappelé la mise en place d'une cellule d'urgence dès cette semaine, qui sera chargée de recenser les situations en difficulté et de les orienter vers les différentes mesures du plan de sauvetage. Jean-Yves Bricout a attiré son attention sur les principes qui devaient guider la mise en place du plan d'urgence : "il faut que ce soit simple et éviter les critères excluants". 

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